Colère, rancœur, rumination : ce qui se joue vraiment en vous
Comment gérer la colère sans l’étouffer ni l’exploser
Dans le livre, la colère est décrite comme une émotion utile. Elle signale qu’une limite a été franchie. Le problème n’est pas la colère en soi, mais ce que nous en faisons.
Trois pièges fréquents :
- l’exploser sur les autres,
- la retourner contre soi (auto‑critique, honte),
- la bloquer jusqu’à s’anesthésier.
Pour gérer la colère, Delphine Py propose de :
- La repérer dans le corps (tension, chaleur, boule au ventre).
- Lui donner un nom : « Là, je ressens de la colère », plutôt que « Je suis en colère ».
- Éviter de décider ou de parler quand elle est au maximum.
- Revenir ensuite à ce qu’elle raconte : quelle valeur a été piétinée ?
La colère devient alors un indicateur, pas un pilote automatique.
Sortir de la rancœur : de la colère figée à un mouvement intérieur
La rancœur, c’est souvent de la colère qui n’a pas pu s’exprimer. Elle se transforme en colère figée, en ressentiment. Elle se nourrit de la répétition mentale de la scène, de ce qui aurait dû se passer.
Sortir de la rancœur, ce n’est pas excuser l’autre ni se forcer à pardonner. C’est, comme l’explique le livre, accepter deux choses :
- l’injustice de la première peine (ce qui s’est réellement passé),
- et choisir de ne plus rajouter une seconde peine par des attentes irréalistes ou des scénarios de vengeance qui vous enferment.
Cela demande du temps, mais c’est possible. C’est là que la question « comment sortir de la rancœur ? » rejoint celle du lâcher‑prise sur ce qui ne dépend pas de vous.
Ne plus ruminer : passer du « pourquoi » au « comment »
La rumination, c’est ce disque rayé intérieur qui cherche sans fin :
- « Pourquoi il m’a fait ça ? »
- « Pourquoi cette injustice m’arrive à moi ? »
- « Pourquoi je n’arrive pas à passer à autre chose ? »
Dans C’est injuste !, Delphine Py propose un test simple : si, après avoir tourné en boucle, vous ne vous sentez ni soulagé·e, ni plus clair·e, ni plus proche d’une solution… ce n’est plus de la réflexion, c’est de la rumination.
Pour ne plus ruminer, l’idée est de basculer du mode « pourquoi » au mode « comment » :
- « Comment puis‑je apaiser ce que je ressens maintenant ? »
- « Comment puis‑je me protéger à l’avenir ? »
- « Comment puis‑je prendre soin de moi aujourd’hui, même si c’est encore injuste ? »
Ce petit décalage change tout : vous passez de spectateur·rice à acteur·rice de votre vie.