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Je me sens seule même entourée : quelles solutions concrètes ?

Vous avez des amis, une famille, un travail… et pourtant, le soir, la même phrase revient : « Je me sens seule même entourée. » Le psychiatre David Gourion, dans son livre Remèdes à la solitude, montre que ce ressenti est courant, légitime, et qu’il existe des solutions très concrètes pour en sortir. Voici les principales pistes, expliquées simplement.

La solitude n’est plus seulement le fait d’être physiquement isolé. On peut avoir une vie « remplie » et se sentir vide à l’intérieur.

Dans Remèdes à la solitude, David Gourion accompagne Rachel, une femme qui souffre de cette solitude invisible. En mêlant neurosciences, exercices pratiques et histoires de vie, il propose des remèdes à la solitude accessibles à chacun.

Cet article s’appuie sur ce livre psy pour comprendre la solitude et répondre à une question très concrète :

Que puis-je faire, dès aujourd’hui, si je me sens seule même entourée ?


1. Comprendre pourquoi on peut se sentir seule même entourée

La « solitude du cœur vide »

David Gourion parle de « solitude du cœur vide » :

  • on a des contacts, mais peu de vrais confidents,
  • on se sent invisible, pas vraiment important pour quelqu’un,
  • on joue un rôle en société, mais on ne se sent pas soi-même.

Ce n’est pas un manque de monde autour de vous, c’est un manque de lien nourrissant. Mettre ce mot sur votre ressenti permet déjà de cesser de vous juger.

Le cerveau vit le rejet comme une douleur

Le livre rappelle une donnée clé : le cerveau réagit à l’exclusion sociale comme à une douleur physique.

Un silence, un message sans réponse, un regard froid peuvent provoquer :

  • une boule au ventre,
  • une oppression dans la poitrine,
  • un sentiment de danger.

Vous n’êtes pas « trop sensible » : votre cerveau social tire la sonnette d’alarme. La question devient : comment le rassurer, pas comment le faire taire.


2. Trois premières solutions quand on se sent seule même entourée

a) Faire sa « carte du cœur »

Exercice central du livre : la carte du cœur.

  • Placez-vous au centre d’une feuille.
  • Dessinez des cercles : très proches, amis, collègues, connaissances.
  • Écrivez les prénoms aux bons endroits.

Puis demandez-vous :

  • Où sont les liens réellement nourrissants ?
  • Dans quels cercles êtes-vous trop en surface ?
  • Qui mériterait d’être ramené un peu plus près… ou mis un peu plus loin ?

Cet outil simple aide à comprendre où se situe votre solitude et où agir en priorité.

b) Apprivoiser la petite voix « Caliméro »

Dans le livre, Rachel appelle sa voix intérieure négative « Caliméro ». Elle lui répète :

  • « Si tu es seule, c’est que personne ne t’aime. »

David Gourion propose un geste clé : « Merci, Caliméro ».

  1. Vous remarquez la pensée (« personne ne m’aime », « je finirai seule »).
  2. Vous dites intérieurement : « Merci, tu essaies de me protéger. »
  3. Vous choisissez une petite action opposée : envoyer un message, proposer un café, poser une question à quelqu’un.

Peu à peu, vous passez de la plainte paralysante à l’action orientée vers le lien.

c) Créer des « micro-liens » chaque jour

Quand on se sent seule même entourée, viser « le grand amour » ou « le meilleur ami » tout de suite peut décourager. Le livre propose de commencer par les micro-liens :

  • échanger quelques mots avec le ou la boulangère,
  • commenter la météo avec un voisin,
  • dire « merci » en regardant vraiment la personne.

Vous pouvez tenir un petit carnet et noter chaque soir votre micro-lien du jour. Ces contacts minuscules :

  • activent le système de récompense du cerveau,
  • rappellent à votre corps que le lien est possible,
  • ouvrent doucement la porte à des relations plus profondes.

3. Retisser des liens… sans s’oublier

Apprendre à dire non pour sortir des liens toxiques

Par peur de rester seule, on accepte parfois :

  • des relations à sens unique,
  • des partenaires ou amis qui rabaissent,
  • des demandes qui dépassent nos limites.

Dans Remèdes à la solitude, une séance entière est consacrée à l’art de dire non.

Commencer petit :

  • « Non merci, je suis trop fatigué·e ce soir. »
  • « Je ne peux pas, j’ai besoin de temps pour moi. »

Dire non, ce n’est pas rompre le lien. C’est le rendre plus juste. C’est aussi faire de la place, à terme, pour des personnes avec qui vous ne vous sentirez plus seule même entourée.

Apprivoiser la solitude choisie

Le livre insiste sur une idée surprenante :

Plus on sait être bien seul, moins on se sent seul parmi les autres.

David Gourion propose de créer son « arrière-boutique » intérieure :

  • un coin à vous,
  • un moment régulier sans écran,
  • une activité calme (lecture, écriture, dessin, musique, rien du tout).

Ce temps de solitude choisie nourrit votre estime de vous. Vous ne cherchez plus les autres pour combler un vide, mais pour partager quelque chose de déjà vivant en vous.


4. Quand faut-il demander de l’aide ?

Si, en plus de vous sentir seule même entourée, vous :

  • ne dormez presque plus,
  • avez souvent des crises d’angoisse,
  • pensez que la vie ne vaut plus la peine,

il est important de demander de l’aide :

  • à votre médecin,
  • à un psychologue ou un psychiatre,
  • en cas d’urgence, au 3114 (numéro national de prévention du suicide, 24h/24) ou au 15.

Se faire aider ne signifie pas être faible. C’est reconnaître que personne n’est fait pour affronter la solitude extrême sans soutien.


5. Un livre psy pour comprendre la solitude : Remèdes à la solitude

Si vous avez envie d’aller plus loin que cet article, le livre Remèdes à la solitude de David Gourion propose :

  • le parcours de Rachel, qui se sent seule même entourée,
  • des explications claires sur la douleur sociale, la dépendance affective, la peur du rejet,
  • des exercices concrets : carte du cœur, micro-liens, regard ancré, « Merci, Caliméro », rituels de solitude choisie, etc.,
  • une ouverture vers des sagesses du monde pour apprivoiser sa solitude.

 

Vous pouvez le retrouver sur le site Marabout

Conclusion : petite phrase, grands changements

Se dire « je me sens seule même entourée » n’est pas une condamnation à vie.
En :

  • comprenant ce que vous vivez,
  • cartographiant vos liens,
  • parlant autrement à votre « Caliméro »,
  • recréant chaque jour de minuscules contacts humains,
  • apprenant à dire non et à prendre soin de votre solitude choisie,

vous posez, pierre après pierre, les bases d’une vie relationnelle plus juste et plus chaleureuse.

Vous avez le droit de chercher des solutions. Et vous n’êtes pas seule à apprendre, vous aussi, à apprivoiser la solitude.