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Baiser après #MeToo: repenser la sexualité hétéro en douceur

Publié le : 20 mai 2026

Comment vivre sa sexualité hétéro après #MeToo sans malaise ni non‑dits? Avec Baiser après #MeToo – Lettres à nos amants foireux, Ovidie et Diglee proposent un essai illustré à la fois cash, drôle et ultra pédagogique sur le consentement, le plaisir et les nouvelles règles du jeu amoureux. Un livre‑ressource pour toutes celles et ceux qui veulent une intimité plus juste. 

Et maintenant, on fait comment après #MeToo?

Depuis #MeToo, beaucoup de femmes ont mis des mots sur des situations qui les faisaient douter sans vraiment savoir pourquoi. Beaucoup d’hommes, de leur côté, se sentent parfois perdus. Ils ont l’impression qu’« on ne peut plus rien dire », que la séduction serait devenue un terrain miné.

C’est précisément à ce moment de flottement que Baiser après #MeToo – Lettres à nos amants foireux intervient. Dans ce livre, l’autrice et réalisatrice Ovidie et l’illustratrice Diglee proposent une réflexion claire, concrète et souvent très drôle sur la sexualité hétérosexuelle contemporaine.

À mi‑chemin entre manifeste féministe, recueil de lettres et guide de réflexion, ce livre pose une question simple: comment continuer à s’aimer, se désirer et faire l’amour, tout en respectant vraiment l’autre?

Baiser après #MeToo: un essai illustré au cœur de la sexualité contemporaine

 

Un livre entre manifeste féministe, lettres intimes et guide pratique

Baiser après #MeToo est un essai illustré qui mêle plusieurs formes:

  • des lettres à des “amants foireux”, adressées à des archétypes masculins (celui qui se dit féministe mais pas à la maison, celui qui ne met pas de capote, celui qui pense que son plaisir suffit, etc.);
  • des analyses sociologiques et politiques sur l’hétérosexualité, la culture du viol, le consentement et le poids de la pornographie;
  • des encadrés pédagogiques avec chiffres, définitions juridiques et repères de santé sexuelle;
  • des illustrations de Diglee qui apportent humour, émotion et une dimension très accessible.

Tout au long du livre, Ovidie insiste sur un point clé: la chambre à coucher n’est pas un espace neutre. Le privé est politique. Les rapports de domination, les habitudes patriarcales et les stéréotypes de genre s’y rejouent en permanence.

Draguer après #MeToo: quand la séduction se réinvente

Le livre consacre un premier axe majeur à la drague après #MeToo. Ovidie répond aux hommes qui se sentent brimés, persuadés qu’« on ne peut plus draguer » ou que la « galanterie » serait devenue suspecte.

Avec un ton direct, elle montre que ce qui était autrefois présenté comme de la séduction ressemblait souvent à:

  • des intrusions non sollicitées;
  • des cadeaux intéressés, qui créent un sentiment de dette chez la femme;
  • des attitudes issues d’une culture de la conquête, où l’autre n’est plus une personne mais un trophée.

L’autrice démonte aussi le mythe de la friendzone, très ancré dans la culture populaire. Selon elle, il s’agit surtout d’un concept narcissique: la femme devient une récompense espérée pour “bonne conduite”, alors qu’une relation amoureuse ne se négocie pas comme un dû.

Ce travail de déconstruction de la drague traditionnelle ne vise pas à bannir la séduction, mais à poser une base: sans respect ni écoute, il ne peut pas y avoir de relation équilibrée.

Plaisir, orgasmes et performance: sortir du script phallocentré

Autre grande thématique de Baiser après #MeToo: la manière dont le plaisir est organisé dans la sexualité hétéro.

Ovidie décrit des scènes très concrètes, que de nombreuses lectrices reconnaîtront:

  • le rapport considéré comme “terminé” dès l’éjaculation masculine;
  • la course à la performance, où l’homme veut “faire jouir” sa partenaire pour flatter son ego plutôt que pour écouter ses envies;
  • la simulation d’orgasme côté femmes, par lassitude, par peur de blesser, ou pour en finir plus vite.

En filigrane, le livre souligne l’inégalité profonde face au plaisir, l’“orgasm gap”:

  • la sexualité est souvent centrée sur le pénis et l’érection;
  • le plaisir féminin est perçu comme un bonus, pas comme un objectif partagé.

Avec un humour parfois mordant, appuyé par les dessins de Diglee, l’ouvrage invite à changer de scénario: penser la sexualité comme un espace commun, où chacun a le droit à son plaisir, sans pression de performance ni compétition.

Consentement et zones grises: remettre du clair dans l’intime

Le consentement est au cœur de Baiser après #MeToo. Loin de l’image du “tue‑l’amour”, Ovidie en propose une vision:

  • enthousiaste, où l’on s’assure que l’autre a vraiment envie;
  • continue, qui ne s’arrête pas au début du rapport mais concerne aussi ce qui se passe pendant et après;
  • éclairée, qui tient compte du contexte, de la vulnérabilité et des rapports de force.

Le livre explore des situations souvent minimisées, mais pourtant très violentes:

  • la pénétration pendant le sommeil sans accord préalable;
  • les pratiques imposées par surprise (comme une sodomie non discutée);
  • les gestes violents inspirés par le porno mainstream (gifles, étranglements) reproduits sans demander.

Ovidie nomme ces actes pour ce qu’ils sont: des violences, parfois des viols, même au sein du couple. Cette mise au point peut bousculer, mais elle est pensée comme un outil: permettre à chacun de mieux identifier ce qui est acceptable ou non.

Santé sexuelle, contraception et charge mentale reproductive

Baiser après #MeToo aborde également la santé sexuelle et la contraception sous un angle très concret. À travers une lettre marquante à « celui qui m’a baisée sans capote », l’autrice raconte:

  • la sidération face au retrait du préservatif sans accord;
  • la crainte des IST et de la grossesse non désirée;
  • la solitude des femmes dans la gestion du test de grossesse ou de l’IVG.

Le livre montre comment la charge mentale reproductive repose majoritairement sur les femmes, alors que les rapports sont partagés. Les données chiffrées, les rappels juridiques et médicaux donnent au lecteur des repères solides sur:

  • le rôle réel du préservatif;
  • les risques d’infections;
  • la réalité de l’avortement en France.

Ici encore, il ne s’agit pas de moralisme, mais de responsabilité partagée: la sexualité hétérosexuelle ne peut être égalitaire si une seule personne assume les conséquences physiques et psychiques des rapports.

Gaslighting, charge émotionnelle et “amants féministes” de façade

Au‑delà du corps, Baiser après #MeToo s’intéresse aussi à la violence psychologique dans les relations hétérosexuelles.

Parmi les thèmes forts:

  • le gaslighting, quand un homme fait passer sa partenaire pour “folle” afin de masquer ses mensonges ou ses infidélités;
  • l’étiquette de l’ex hystérique brandie pour décrédibiliser une femme qui ose parler;
  • le militantisme de façade de certains hommes qui se disent féministes en public, mais refusent l’égalité dans le quotidien (tâches ménagères, charge mentale, prise en compte du plaisir féminin).

Ces lettres et analyses permettent de mettre des mots sur des signaux d’alerte souvent difficiles à nommer. Le ton reste accessible, jamais culpabilisant, mais profond: l’idée est d’offrir des outils pour mieux se protéger et mieux se positionner dans la relation.

Un livre ressource pour femmes, hommes et couples

Baiser après #MeToo s’adresse à un public large:

  • aux femmes, qui y trouveront des mots pour parler de leurs expériences, parfois pour réaliser que ce qu’elles ont vécu n’était pas “un simple malaise” mais une violence systémique;
  • aux hommes qui veulent comprendre, questionner leurs attitudes et sortir de la posture défensive;
  • aux couples, qui peuvent s’appuyer sur ce livre comme base de discussion pour renégocier leur intimité, leurs limites et leurs envies.

Loin de condamner les hommes en bloc, Ovidie montre que le patriarcat emprisonne tout le monde: les femmes, bien sûr, mais aussi les hommes soumis à l’obligation de performance, à la sacro‑sainte érection, à la peur de ne pas être “assez virils”.

Un manuel pour une hétérosexualité plus apaisée

Avec Baiser après #MeToo – Lettres à nos amants foireux, Ovidie et Diglee signent un ouvrage aussi engagé que pédagogique sur la sexualité hétéro après #MeToo. Entre humour, colère, tendresse et rigueur documentaire, ce livre propose:

  • de revoir nos scripts amoureux et sexuels;
  • de mettre au centre le consentement, le respect et le plaisir partagé;
  • d’oser parler de tout ce qui se joue avant, pendant et après le rapport.

C’est un manuel de survie et de reconstruction, à la fois pour celles qui veulent reprendre la main sur leur corps et leurs désirs, et pour ceux qui souhaitent être des partenaires réellement attentifs.

Pour aller plus loin dans cette réflexion sur la sexualité, l’hétérosexualité, le consentement et les nouvelles règles du jeu amoureux, vous pouvez retrouver le livre sur notre site. 

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