Thèmes forts : amour noir, racisme, précarité et santé mentale
L’amour noir et la décolonisation de l’intimité
À travers les relations de Yari, Mawena, Sofia ou Cynthia, Amours croisées : celles que nous étions s’intéresse à ce que signifie aimer et être aimé·e en tant que personne noire dans une grande ville occidentale.
L’album aborde :
- les micro-agressions racistes au quotidien,
- le fétichisme autour des corps noirs,
- la façon dont certaines dynamiques de couple rejouent des rapports de domination, même dans des milieux qui se pensent “ouverts” ou “déconstruits”.
Les héroïnes ne sont pas parfaites, mais elles apprennent peu à peu à mettre leur bien-être au centre. Le livre parle de “Black love” au sens large : amoureux, amical, familial. Il interroge la façon dont on peut désapprendre certains schémas pour construire des relations plus justes et plus douces.
Le racisme en temps de pandémie
Avec l’arrivée du COVID, le racisme n’est pas seulement en toile de fond, il explose.
Hide, d’origine japonaise, subit des remarques et des menaces liées à ses traits asiatiques. Sa sœur échappe de peu à une agression. Les regards se font plus lourds, les réflexes plus violents.
En parallèle, la crise sanitaire révèle la vulnérabilité des corps noirs dans le système de santé : la mère de Yari se retrouve à l’hôpital, isolée, intubée, au cœur d’un dispositif médical froid, où la famille doit rester à distance. Ce passage est particulièrement fort : il rappelle à quel point la pandémie a été une expérience violente, et à quel point les inégalités sociales et raciales se manifestent aussi dans les couloirs des hôpitaux.
Précarité et charge émotionnelle
Le licenciement brutal de Mawena, les petits boulots, les inquiétudes financières, les appartements partagés, les retours forcés en France… le tome 2 montre que la question amoureuse ne peut pas être séparée de la réalité économique.
À cela s’ajoute une énorme charge émotionnelle :
- gérer les familles inquiètes ou intrusives,
- encaisser le confinement et l’isolement,
- maintenir le lien avec les proches,
- jongler avec des relations amoureuses complexes.
Le roman graphique parle, en filigrane, de santé mentale : anxiété, fatigue, sentiment d’étouffement… mais aussi moments de joie, de fête, de danse, de complicité en cuisine ou dans le salon.