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Amours croisées - Celles que nous étions : amour et sororité noire

Yari, jeune femme noire parisienne en quête d’équilibre, avance entre sentiments contradictoires pour Hide, polyamoureux, et conseils parfois cash de ses amies Cynthia et Mawena, toutes prises dans la tourmente du COVID et des injustices du quotidien. Avec Amours croisées : celles que nous étions, Laura Nsafou et Camélia poursuivent l’histoire d’un groupe de jeunes femmes noires à Paris, prises entre amours compliquées, racisme ordinaire et pandémie mondiale. Un roman graphique sensible et très contemporain, qui parle de sororité, de santé mentale et d’amour de soi, sans jamais moraliser.

Si tu as aimé les histoires d’amitié et d’amour qui ressemblent à la vraie vie, Amours croisées fait clairement partie de ces romans graphiques qui restent en tête longtemps.
Le tome 1 posait les bases : Yari, jeune femme noire parisienne, tombait amoureuse de Hide, danseur d’origine japonaise, qui assume un mode de vie polyamoureux. Entre attirance, doutes, jalousies et discussions sans filtre avec ses amies, elle testait ses limites et ses envies.

Avec Amours croisées : celles que nous étions, l’histoire avance dans un contexte très précis : l’arrivée du COVID, le confinement, la précarité professionnelle, le racisme qui se renforce, mais aussi la force d’un groupe d’amies qui se soutiennent. On n’est pas dans un simple “drame amoureux”, mais dans un récit de vie, ancré dans un Paris contemporain, avec des personnages qui essaient de tenir debout dans un monde qui vacille.

Un rappel sans spoiler du tome 1

Le premier tome d’Amours croisées suit Yari, qui vit à Paris et jongle entre boulot, attentes familiales et vie sentimentale. Un soir, elle rencontre Hide lors d’une soirée. Il lui plaît, le feeling est immédiat, mais il lui explique vite qu’il est polyamoureux et déjà engagé dans plusieurs relations.

Tout le cœur du tome 1 tourne autour de ce dilemme : Yari peut-elle aimer quelqu’un qui ne se limite pas à une seule histoire à la fois ? Ses amies, comme Cynthia ou Mawena, lui donnent leur avis, pas toujours tendre, mais toujours sincère.
Le roman graphique questionne alors les normes amoureuses, la place des femmes noires dans les relations, le poids des réseaux sociaux et ce que signifie “se respecter” dans une histoire qui n’entre pas dans les cases habituelles.

Sans dévoiler la fin, le tome 1 se clôt sur une période de remise en question intense pour Yari et Hide. Le lien entre eux reste fort, mais il a un coût émotionnel, et chacun doit décider jusqu’où aller pour rester fidèle à soi-même.

Re-découvrir Amours Croisées
Découvrez le booktrailer d’Amours croisées : celles que nous étions

Pour te faire une idée de l’ambiance du roman graphique, du ton et de l’univers visuel de Laura Nsafou et Camélia, tu peux visionner le booktrailer officiel d’Amours croisées : celles que nous étions.
En quelques minutes, on retrouve l’énergie de Yari, Cynthia, Mawena, Hide et de tout le cercle d’amies, entre tensions amoureuses, soutien, humour et vulnérabilité face au COVID et aux injustices du quotidien.

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Amours croisées : celles que nous étions, de quoi parle ce tome 2 ?

 

Dans le tome 2, l’amour se confronte au COVID et à la réalité sociale

Dans Amours croisées : celles que nous étions, on retrouve Yari et son cercle d’amies quelques mois plus tard, à la veille d’un événement que tout le monde connaît désormais : la pandémie de COVID-19.

Le récit se déroule à Paris, entre la fin 2019 et le premier confinement de 2020, puis pendant et après ce moment charnière. Le virus devient peu à peu un personnage invisible, qui change tout :

  • Les tournées de danse de Hide sont annulées.
  • La carrière de Mawena, partie au Canada, s’effondre brutalement.
  • Les réseaux sociaux, déjà omniprésents, deviennent presque le seul lien avec l’extérieur.
  • Les rues de Paris se vident, les appartements deviennent à la fois refuges et prisons.

Au milieu de tout ça, les histoires sentimentales continuent. Yari est en couple avec Rahim, un homme qui souhaite une relation stable et très codifiée. Hide est avec Sofia, danseuse étoile à l’Opéra de Paris. Mais les traces du passé restent, et les sentiments ne se laissent pas enfermer dans des cases simples.

Ce qui est fort dans ce tome, c’est que l’amour n’est jamais séparé du contexte :
les personnages vivent une pandémie, un climat de racisme renforcé, des licenciements, des familles inquiètes, des hôpitaux saturés. Pourtant, ils essaient aussi d’aimer, d’être aimés, et de garder la tête hors de l’eau.


 

Des personnages féminins noirs au centre, entre sororité et vulnérabilité

 

Yari, apprendre à se choisir

Dans ce deuxième tome, Yari reste le pivot émotionnel du récit. Elle est à la fois fille, sœur, amie et partenaire amoureuse. Elle doit gérer :

  • la maladie brutale de sa mère, hospitalisée en pleine crise sanitaire,
  • un couple avec Rahim, qui ne comprend pas toujours ses besoins ni ses peurs,
  • la réapparition de Hide dans les moments les plus fragiles.

Progressivement, elle se rend compte qu’elle a passé beaucoup de temps à faire passer les attentes des autres avant les siennes. Sa trajectoire, ici, ressemble presque à un apprentissage de l’amour de soi : comment poser des limites, comment dire non, comment accepter le soutien sans se perdre.

 

Mawena, Cynthia, Inès, Sofia : des voix multiples de la féminité noire

Amours croisées : celles que nous étions ne suit pas qu’un seul destin. Le roman graphique adopte une narration chorale, où plusieurs femmes noires prennent la parole, chacune avec son vécu et ses contradictions :

  • Mawena, coincée entre un poste au Canada qui disparaît, la pression de la réussite et la nécessité de rentrer en France dans l’urgence, montre la fragilité des parcours professionnels marqués par l’expatriation et la précarité.
  • Cynthia, longtemps présentée comme dure et cash, laisse apparaître ses blessures, ses désirs, et un besoin profond d’être aimée et respectée pour ce qu’elle est vraiment.
  • Inès, pilier franc et protecteur, incarne cette amie qui secoue, qui dit les choses sans détour, mais qui reste là dans les moments critiques.
  • Sofia, danseuse étoile, navigue entre une carrière exigeante à l’Opéra, une relation avec Hide et une réflexion sur le polyamour, la liberté et la charge mentale qui accompagne certaines formes de couple.

Toutes ces trajectoires se croisent. Elles se disputent, se fâchent, se réconcilient. Mais la sororité reste le fil rouge : même quand les mots dépassent la pensée, le roman graphique montre une volonté de rester ensemble et de se soutenir, dans un monde où leurs corps et leurs vies sont souvent précarisés.

Thèmes forts : amour noir, racisme, précarité et santé mentale

 

L’amour noir et la décolonisation de l’intimité

À travers les relations de Yari, Mawena, Sofia ou Cynthia, Amours croisées : celles que nous étions s’intéresse à ce que signifie aimer et être aimé·e en tant que personne noire dans une grande ville occidentale.

L’album aborde :

  • les micro-agressions racistes au quotidien,
  • le fétichisme autour des corps noirs,
  • la façon dont certaines dynamiques de couple rejouent des rapports de domination, même dans des milieux qui se pensent “ouverts” ou “déconstruits”.

Les héroïnes ne sont pas parfaites, mais elles apprennent peu à peu à mettre leur bien-être au centre. Le livre parle de “Black love” au sens large : amoureux, amical, familial. Il interroge la façon dont on peut désapprendre certains schémas pour construire des relations plus justes et plus douces.

 

Le racisme en temps de pandémie

Avec l’arrivée du COVID, le racisme n’est pas seulement en toile de fond, il explose.

Hide, d’origine japonaise, subit des remarques et des menaces liées à ses traits asiatiques. Sa sœur échappe de peu à une agression. Les regards se font plus lourds, les réflexes plus violents.

En parallèle, la crise sanitaire révèle la vulnérabilité des corps noirs dans le système de santé : la mère de Yari se retrouve à l’hôpital, isolée, intubée, au cœur d’un dispositif médical froid, où la famille doit rester à distance. Ce passage est particulièrement fort : il rappelle à quel point la pandémie a été une expérience violente, et à quel point les inégalités sociales et raciales se manifestent aussi dans les couloirs des hôpitaux.

 

Précarité et charge émotionnelle

Le licenciement brutal de Mawena, les petits boulots, les inquiétudes financières, les appartements partagés, les retours forcés en France… le tome 2 montre que la question amoureuse ne peut pas être séparée de la réalité économique.

À cela s’ajoute une énorme charge émotionnelle :

  • gérer les familles inquiètes ou intrusives,
  • encaisser le confinement et l’isolement,
  • maintenir le lien avec les proches,
  • jongler avec des relations amoureuses complexes.

Le roman graphique parle, en filigrane, de santé mentale : anxiété, fatigue, sentiment d’étouffement… mais aussi moments de joie, de fête, de danse, de complicité en cuisine ou dans le salon.


 

Un roman graphique au dessin expressif et ancré dans le réel

 

Le Paris du COVID, entre rues vides et écrans de téléphone

Le travail de Camélia donne à ce tome 2 une vraie force visuelle. On retrouve :

  • Paris et sa banlieue, l’Opéra, les cafés, les quais, les appartements surchargés de vie,
  • des scènes d’intérieur où les corps occupent l’espace, entre télétravail improvisé, appels vidéo et moments de solitude,
  • des hôpitaux, des parkings, des rues désertes qui résument à eux seuls le choc du premier confinement.

Les couleurs accompagnent les émotions :
tons chauds pour la fête, la sensualité, les retrouvailles ; teintes plus froides ou automnales pour les périodes de doute, de maladie, d’isolement.

Les écrans (WhatsApp, messages, réseaux sociaux) sont partout, intégrés à la mise en page. Ils structurent le récit comme ils structurent nos vies : notifications qui rassurent ou qui angoissent, textos attendus, appels manqués.

 

Un découpage qui laisse respirer les émotions

Le découpage alterne :

  • grandes cases contemplatives sur des paysages ou des intérieurs,
  • séquences de dialogues très serrées, presque théâtrales,
  • scènes muettes où tout passe par le regard, la posture, la distance entre les corps.

Certaines pages, notamment autour de l’hospitalisation de la mère de Yari ou des retrouvailles sentimentales, laissent parler le dessin avant le texte. C’est ce qui donne au roman graphique sa puissance émotionnelle : on ne lit pas seulement les mots, on ressent les silences, les gestes, les micro-expressions.


 

Amours croisées : celles que nous étions n’est pas seulement la suite d’un roman graphique sur une histoire d’amour compliquée. C’est un récit dense, tendre et parfois brutal sur ce que signifie aimer à l’époque du COVID, quand tout vacille : le travail, la famille, la santé, les repères.

En suivant Yari, Hide, Mawena, Sofia, Cynthia, Inès et les autres, le livre parle de :

  • choisir sa propre paix intérieure,
  • se soutenir entre amies, même quand on se blesse,
  • faire face au racisme et à la précarité sans renoncer à la joie,
  • accepter que certaines histoires changent de forme, sans effacer ce qu’elles ont apporté.

Si tu cherches un roman graphique contemporain, engagé, qui parle d’amour noir, de sororité, de polyamour, de pandémie et de reconstruction avec beaucoup d’humanité, ce tome 2 a tout pour te toucher.

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