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Addiction aux écrans: comprendre la dépendance au smartphone et retrouver un bien-être numérique

Publié le : 27 août 2026

Le smartphone promet de nous relier aux autres à tout moment. Pourtant, l’hyperconnexion peut aussi fragiliser l’attention, le rapport au silence et la qualité des relations. Trop connectés pour être heureux de Claire Dahan propose des repères pour mieux comprendre ce paradoxe.

L’addiction aux écrans ne se résume pas au temps passé sur un téléphone. Dans Trop connectés pour être heureux, Claire Dahan analyse ce qui se joue derrière la dépendance au smartphone: la peur du silence, le besoin de réassurance, l’attente d’une réponse ou la crainte d’être exclu. Le livre interroge ainsi le bien-être numérique, la santé mentale et réseaux sociaux, ainsi que la possibilité d’une déconnexion digitale plus consciente. Il ne s’agit pas de rejeter les outils numériques, mais de comprendre la place qu’ils prennent dans nos liens et notre espace mental.

Pourquoi sommes-nous si souvent attirés par nos écrans?

Le smartphone est devenu un objet toujours disponible. Il accompagne les conversations, les repas, les temps d’attente et parfois les moments les plus intimes.

Claire Dahan rappelle une distinction essentielle: être connecté ne signifie pas forcément être en relation. Une connexion est technique et immédiate. Une relation humaine comporte aussi des silences, de la distance, de l’attente et des moments où chacun peut être indisponible.

Lorsque chaque instant vide est comblé par un écran, l’ennui disparaît peu à peu. Or, l’ouvrage présente cet ennui comme un temps utile pour penser, ressentir, imaginer et laisser émerger sa créativité.

Les notifications et la fatigue de l’attention

Chaque notification interrompt une activité. Le cerveau doit alors quitter une tâche, traiter une nouvelle information, puis revenir à ce qu’il faisait auparavant. Cette succession de bascules peut fatiguer l’attention et donner le sentiment d’être constamment sollicité.

Le livre évoque aussi la charge mentale créée par les messages non lus, les réponses à envoyer ou les conversations laissées en suspens. Même lorsque le téléphone est posé, ces échanges peuvent continuer d’occuper l’esprit.

Cette hypervigilance peut affecter la disponibilité aux autres. Dans une conversation, dans un moment en famille ou pendant un jeu avec un enfant, l’attention est parfois physiquement présente mais déjà happée ailleurs.

Dépendance au smartphone: de quoi dépend-on vraiment?

Le terme d’addiction au smartphone reste discuté. Claire Dahan souligne que l’enjeu n’est pas seulement l’objet lui-même. Le téléphone peut surtout devenir un moyen de calmer une inquiétude, d’éviter le vide, de vérifier que l’on compte pour quelqu’un ou de se sentir relié à un groupe.

Dans cette perspective, la dépendance au smartphone peut s’installer autour de plusieurs attentes:

  • recevoir un signe de l’autre;
  • vérifier une activité en ligne;
  • apaiser une crainte d’exclusion;
  • éviter un moment de solitude;
  • chercher une validation à travers les réactions et les « likes ».

Le téléphone devient alors un outil de réassurance. Mais cette réassurance est souvent brève. Elle peut encourager une nouvelle vérification, puis une autre, sans installer durablement un sentiment de sécurité intérieure.

Quand le silence numérique devient anxiogène

Un message lu sans réponse, un statut en ligne ou les trois petits points d’une réponse en cours peuvent prendre une importance considérable. Ces signaux numériques sont souvent ambigus. Pourtant, ils peuvent être interprétés comme une preuve de rejet, de désintérêt ou d’abandon.

L’ouvrage montre que notre façon de vivre ces silences dépend aussi de notre histoire relationnelle. Certaines personnes supportent plus facilement l’attente. D’autres ressentent une forte inquiétude lorsque la réponse tarde.

La déconnexion digitale ne concerne donc pas uniquement l’écran. Elle invite aussi à retrouver une relation plus apaisée à l’absence, au délai et au silence.

Santé mentale et réseaux sociaux: le poids du regard des autres

Les réseaux sociaux rendent visibles les activités, les images et les réactions des autres. Cette visibilité peut nourrir la comparaison sociale et la peur de manquer quelque chose, souvent appelée FOMO (Fear of Missing Out).

Claire Dahan distingue notamment deux formes de cette peur:

  • la peur d’être exclu d’un moment vécu par d’autres;
  • la peur de ne pas être assez visible, de ne pas publier assez ou de disparaître du regard du groupe.

Dans ce contexte, l’expérience vécue peut parfois sembler moins réelle si elle n’est pas montrée. Photographier, publier ou raconter devient une manière de prouver sa présence. Le risque est de privilégier l’image de l’instant au détriment de ce qui est réellement ressenti.

Les « likes » ne remplacent pas la reconnaissance

Un « like » peut donner le sentiment d’être vu ou approuvé. Mais le livre insiste sur sa limite: il s’agit d’un signal rapide, qui ne demande ni temps ni échange approfondi.

Cette forme de validation peut devenir très importante lorsque l’estime de soi dépend du regard extérieur. Plus les réactions sont attendues, plus leur absence peut être vécue comme un manque ou une mise à l’écart.

Le livre invite à distinguer la quantité de signaux numériques et la qualité d’un lien. Recevoir de nombreuses réactions ne garantit pas une relation sécurisante ou une présence véritable.

Ghosting, silences et relations fragilisées par le numérique

Le numérique modifie aussi la manière de se séparer. Le ghosting, c’est-à-dire la disparition soudaine d’une personne sans explication, est présenté dans l’ouvrage comme une « rupture sans rupture ».

La personne qui le subit reste face à des questions ouvertes. Elle peut continuer à consulter les anciens messages, les photos ou les profils en ligne. Cette présence numérique rend parfois plus difficile la prise de distance.

Claire Dahan évoque également d’autres formes de retraits flous: messages rares, éloignement progressif, réapparition après un long silence ou maintien d’une présence discrète sur les réseaux. Ces comportements entretiennent l’incertitude et peuvent fragiliser l’estime de soi.

Déconnexion digitale: ne pas diaboliser le numérique

La digital detox est souvent présentée comme une coupure nette avec les écrans. Dans Trop connectés pour être heureux, l’approche est plus nuancée. Le but n’est pas de faire du smartphone un ennemi, ni de culpabiliser celles et ceux qui l’utilisent beaucoup.

L’autrice propose plutôt de s’intéresser à la relation que chacun entretient avec son téléphone. Qu’est-ce qui déclenche le besoin de consulter? Qu’est-ce que cette habitude prend dans la vie quotidienne? Et qu’est-ce qu’elle empêche parfois: une conversation, un temps de repos, une activité appréciée ou une présence auprès des proches?

Le livre s’appuie notamment sur la thérapie narrative et la thérapie orientée solution. Il invite à ne pas se définir par son problème. Au lieu de se dire « je suis accro », il devient possible d’observer comment une habitude d’hyperconnexion s’est installée, à quels moments elle est la plus forte et dans quelles situations elle perd de son influence.

Retrouver une place d’acteur dans son usage numérique

L’ouvrage propose de chercher les moments où la personne est déjà pleinement présente à elle-même ou aux autres. Ces instants montrent que les ressources existent, même lorsque l’hyperconnexion paraît très envahissante.

L’enjeu est de reprendre une place d’acteur dans son quotidien. Cela peut passer par une attention portée à ses valeurs: l’amitié, la créativité, la famille, le respect des rythmes de chacun ou la qualité d’une rencontre.

Le bien-être numérique ne consiste pas à répondre à tout, tout de suite. Il repose aussi sur la possibilité de laisser une place à l’absence, à l’intériorité et à la relation incarnée.

Le livre pour aller plus loin

Trop connectés pour être heureux de Claire Dahan s’adresse à celles et ceux qui s’interrogent sur leur addiction aux écrans, leur dépendance au smartphone ou leur rapport aux réseaux sociaux.

À travers une approche de psychologie clinique, l’autrice met des mots sur des situations devenues courantes: consulter son téléphone de façon répétée, attendre une réponse avec anxiété, souffrir du silence numérique, rechercher l’approbation en ligne ou se sentir moins présent auprès de ses proches.

Le livre aide à regarder ces usages sans jugement. Il propose de comprendre les besoins relationnels, les peurs et les croyances qui peuvent se cacher derrière l’hyperconnexion, afin de retrouver une utilisation plus consciente du numérique.

Découvrir le livre

Les écrans ont transformé notre manière de communiquer, d’attendre et de chercher la présence des autres. Ils peuvent maintenir le contact, mais aussi rendre les silences plus lourds, l’attention plus fragile et les relations plus incertaines.

Dans Trop connectés pour être heureux, Claire Dahan met en lumière ce paradoxe: jamais les moyens de se joindre n’ont été aussi nombreux, sans que cela garantisse pour autant de se sentir relié. Son analyse invite à regarder nos habitudes numériques avec plus de nuance, en prêtant attention à ce qu’elles révèlent de nos besoins, de nos peurs et de notre rapport au lien.

Le livre rappelle enfin qu’une relation ne se mesure ni au nombre de messages, ni à la rapidité d’une réponse, ni aux réactions recueillies en ligne. Il offre des pistes pour remettre de la place à l’attente, à l’intériorité et à la présence réelle, sans faire du numérique un adversaire.